De l’écriture de la nature à la sémiose de la vie : la nature entre poétique et sémiotique de Novalis à Kohn

Équipes-projets
Date: 2 mai 2018 18:00

Lieu: Université Paul Valéry, Site Saint Charles 1, salle 214

De l’écriture de la nature à la sémiose de la vie : la nature entre poétique et sémiotique de Novalis à Kohn

André Duhamel, Université de Sherbrooke, Département de philosophie et d’éthique appliquée

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La nature parle-t-elle, ou fait-elle signe ? À nous humains, déjà porteur de langage et pouvant poser cette question, ou à tous les êtres qui l’habitent et la composent ? Que ce soit l’un ou l’autre, les signes de la nature ou son langage portent à s’interroger sur la nature des signes et du langage. Du premier romantisme allemand (Frühromantik), et en particulier Novalis, dont Les disciples à Saïs s’émerveille de ‘cette grande écriture chiffrée qu’on rencontre partout’, et concluant qu’‘il faut romantiser le monde’, jusqu’à l’anthropologue Eduardo Kohn auteur deux siècles plus tard de Comment pensent les forêts, pour qui il est moins question de langage symbolique ou allégorique que de signes et d’indices dans laquelle toute vie baigne (y compris notre propre esprit), cette question trouvera différentes réponses, mais qui toutes tentent de tendre l’œil et l’oreille au-delà de l’humain ou ‘par-delà nature et culture’(Descola). Le langage émerge de la nature autant que de la culture, et peut demeurer enclos dans cette dernière ou retourner aussi à la première. Si la nature fait signe, le langage humain peut le montrer, et peut le lui montrer, si tant est qu’il n’est pas qu’un tableau du monde mais aussi une action dans le monde, à l’instar de la vie elle-même.

En réfléchissant librement à la poétique de la nature du romantisme et à la sémiotique de la vie de Kohn, tentant l’une comme l’autre à échapper aux dualismes de la modernité, nous chercherons à montrer que certaines des intuitions de la première se retrouvent aujourd’hui avec la seconde sur le terrain scientifique, non seulement en écologie mais aussi en anthropologie, et que la philosophie a grandement à apprendre de ces démarches audacieuses pour renouveler son propre langage.

 

Descola, Philippe 2005, Par-delà nature et culture, Gallimard.

Kohn, Eduardo 2013, Comment pensent les forêts. Vers une anthropologie au-delà de l’humain, trad. G. Delaplace, préface P. Descola, Éditions Zones sensibles, 2017

Novalis 1997, Fragments, précédé de Les disciples à Saïs, trad. M. Maeterlinck, José Corti.

Novalis 2002, Le monde doit être romantisé, trad. O. Schefer, Paris, Allia,