Axe 1 - Les ressources : approches globales et systémiques

L'exploration, la découverte, l’exploitation, la transformation et la marchandisation des ressources participent depuis des millénaires à configurer les sociétés humaines, depuis leurs activités économiques jusqu’à leurs systèmes politiques, contribuant à façonner les paysages, produire les territoires, fabriquer les administrations, bâtir les échanges et les relations internationales, configurer les cultures et les patrimoines. Forte des différentes spécialisations des laboratoires du site, la MSH Sud entend précisément favoriser l’avènement d’approches globales et systémiques de ces ressources.


Ressources globales car :

  • le projet de la MSH Sud questionne la définition même de « ressource », depuis les ressources « naturelles » jusqu’aux ressources « culturelles », toutes entendues comme nécessaires au développement des sociétés ;
  • sa focale est placée au croisement des différents points de vue disciplinaires et sous-disciplinaires (agronomes et historiens vis-à-vis de l’exploitation des ressources agricoles, par exemple) ;
  • son positionnement invite à (re)considérer ces savoirs constitués au fil des siècles sur l’environnement – au sens large de contexte socio-écosystémique –, ses aléas (qui peuvent également être ressources), et sur la détermination de toutes les ressources nécessaires au développement des sociétés : des savoirs parfois difficilement repérables (transmis par la littérature, les arts…) ou accessibles (véhiculés oralement, dans des langues non européennes…), qui se sont perdus (savoirs antiques, médiévaux…) ou ont été longtemps négligés (savoirs considérés comme non scientifiques, savoirs « indigènes », juridiques, techniques, administratifs…), des savoirs dont la (re)découverte nécessite les éclairages de toutes les sciences.

Ressources systémiques car :

  • la MSH Sud considère l’ensemble de la séquence partant de l’observation d’un ou plusieurs éléments à l’opération complexe consistant à l’instaurer en « ressource », et inversement, depuis l’exploitation de fait à l’observation analytique du système complexe présidant à la production de ressources pour l’Homme en société ;
  • elle cible également les interactions existant de facto entre les différents objets et ressources observés (ressources en eau et agriculture, biodiversité et santé, patrimoine et vivre-ensemble, etc.) ;
  • elle invite, sur le temps long, à appréhender les différents usages et perceptions que les sociétés ont eus et ont de leur socio-écosystème et de ses ressources, tout particulièrement dans ce qu’ils affectent leurs organisations politiques, économiques et sociales…,

et liées, car ces perspectives permettent de contextualiser nos conceptions, politiques et usages contemporains des « ressources » – objectif ici de la MSH Sud – et, au-delà, incitent à réinterroger les notions mêmes de risque et de vulnérabilité.